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Les producteurs de légumes du Québec frappés de plein fouet : les Américains boudent leurs récoltes
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Les producteurs de légumes du Québec frappés de plein fouet : les Américains boudent leurs récoltes

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À l’approche de la très lucrative saison de la Thanksgiving américaine, les producteurs maraîchers du Québec tirent la sonnette d’alarme. Habituellement, ce sont des camions remplis de pommes de terre, de carottes ou d’haricots qui prennent la route vers Boston et New York. Mais cette année, les commandes américaines se sont effondrées.

« Il n’y en a pas de business », résume sèchement Francis Desrochers, président des Producteurs de pommes de terre du Québec. L’homme décrit une situation inquiétante : un producteur de sa région n’a même pas réussi à atteindre 50 % de ses ventes habituelles.

Les deux dernières années ont été difficiles, mais 2025 marque un recul majeur : près de 30 % des parts de marché aux États-Unis ont été perdues. Un choc brutal pour un secteur déjà fragilisé.

Selon Catherine Lefebvre, présidente de l’Association des producteurs maraîchers du Québec, la situation est simple :
« On se retrouve avec des entrepôts qui débordent. »

Pendant que les légumes québécois restent sur place, le marché local est inondé de produits importés d’Europe de l’Est et d’Asie, vendus jusqu’à 30 % moins cher. Un prix impossible à égaler pour les agriculteurs d’ici, soumis à des règles beaucoup plus strictes.

Le président des Producteurs de légumes de transformation du Québec, Pascal Forest, souligne un problème majeur : les normes imposées aux producteurs québécois ne sont pas appliquées aux produits importés.

Au Québec, les agriculteurs doivent respecter des règles sévères concernant :

  • la qualité de l’eau de lavage,
  • l’utilisation des plastiques agricoles,
  • les catégories de pesticides permises.

Pendant ce temps, certains aliments importés traversent la frontière malgré la présence de substances interdites ici.

Cette injustice crée un déséquilibre majeur dans le marché.

Pour les organisations agricoles, la solution est simple et ne coûterait rien aux gouvernements :
exiger que les produits importés respectent les mêmes normes que les produits québécois.

Une équité jugée essentielle pour la survie de nombreuses entreprises maraîchères.

Martin Caron, président de l’Union des producteurs agricoles, souligne que même François Legault reconnaît que la situation est « inacceptable ». Toutefois, malgré cette admission, les agriculteurs attendent toujours une intervention concrète.

Si rien n’est fait rapidement, plusieurs exploitations pourraient ne pas survivre à l’hiver.
L’absence de clients américains combinée à la concurrence étrangère crée une tempête parfaite qui met en péril la stabilité alimentaire locale.

Les producteurs martèlent un message clair :
sans règles équitables, l’avenir du maraîchage québécois est menacé.

 

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