
Alors que la période des Fêtes bat son plein, les paramédics de l’Estrie tirent la sonnette d’alarme. Une pénurie d’ambulances, combinée à une hausse importante du nombre d’appels d’urgence, provoque une pression extrêmesur les équipes et rallonge dangereusement les délais d’intervention. Selon Samuel Côté, président du Syndicat des paramédics de l’Estrie, la journée de lundi a été particulièrement critique. À 12 h 30, 172 appels avaient déjà été enregistrés, alors que la moyenne pour une journée entière se situe généralement autour de 150 appels. Le réseau s’est retrouvé saturé dès les premières heures du jour.
« C’est une situation exceptionnelle. Toutes les ambulances disponibles étaient déjà en intervention, et plusieurs secteurs n’avaient plus aucune couverture en attente », a-t-il déclaré.
Jusqu’à 4 heures d’attente
Dans plusieurs cas, les appels jugés non urgents ont dû patienter trois à quatre heures avant l’arrivée d’une équipe, alors que les délais habituels tournent autour de 10 minutes.
Les municipalités les plus touchées incluent notamment Sherbrooke, Magog, Stanstead, Richmond, Windsor, East Angus et Weedon. La gestion des ressources dans ces régions est devenue un véritable défi logistique.
Deux ambulances supplémentaires réclamées… en vain
Pour faire face à cette surcharge, le syndicat réclame l’ajout d’au moins deux ambulances à temps plein sur le territoire, et ce, pour toute la période des Fêtes. Cette demande, qui vise à assurer un seuil de sécurité minimal, a cependant été refusée.
« Dès qu’un véhicule est libre, il est aussitôt réaffecté. Le roulement est constant, ce qui explique les délais », explique M. Côté.
Le CIUSSS affirme faire sa part
Du côté du CIUSSS de l’Estrie–CHUS, aucune demande ponctuelle d’ambulance n’a été refusée récemment, selon les responsables. Guy Bouchard, coordonnateur, indique que quatre ambulances supplémentaires ont été temporairement déployées dans certains secteurs critiques, ce qui a permis de stabiliser la situation à court terme.
Cependant, la demande visant à maintenir deux ambulances supplémentaires durant toute la période des Fêtes a été jugée irréalisable, le système étant « déjà à capacité maximale ».
Une inquiétude grandissante
Si aucun cas d’arrêt cardiorespiratoire n’a connu de délai critique pour le moment, les paramédics demeurent sur le qui-vive. Ils craignent qu’un simple imprévu ou une journée particulièrement chargée fasse basculer le fragile équilibre du système.
Cette situation met une fois de plus en lumière les limites du système préhospitalier et l’importance d’un financement adapté, surtout dans les régions où la demande varie fortement selon les périodes de l’année.


