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J’ai 82 ans… et vivre en maison de retraite a été une erreur… Voici pourquoi
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J’ai 82 ans… et vivre en maison de retraite a été une erreur… Voici pourquoi

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femmev 1 e1767970408814 J’ai 82 ans… et vivre en maison de retraite a été une erreur... Voici pourquoi

À première vue, la décision semblait aller de soi. Moins d’isolement, moins de responsabilités quotidiennes, et la sécurité d’une présence constante : l’entrée en maison de retraite paraissait être un choix sensé, presque rassurant. Mais une fois installé, une fois le quotidien amorcé, l’expérience s’est avérée bien éloignée de l’image que je m’en faisais. Rien de tragique, certes, mais un bouleversement intérieur que je n’avais pas anticipé.

Avec le recul, il y a plusieurs réalités que j’aurais aimé connaître avant de franchir le pas, ces aspects dont on parle rarement derrière les sourires accueillants et les couloirs soigneusement entretenus.

Au départ, le soulagement est palpable. Fini les tâches quotidiennes : plus de cuisine, de ménage ou de gestion des imprévus. Puis, petit à petit, on réalise que les choix échappent de plus en plus à notre contrôle. Les horaires fixés imposent un rythme, les menus sont prédéterminés, et les sorties sont organisées. Ce qui semblait être un confort se transforme lentement en une forme de dépendance silencieuse. Les petites actions qui structuraient notre quotidien – préparer un café, entretenir ses plantes, choisir ses activités – s’éteignent presque imperceptiblement. C’est souvent à ce moment précis que la question de la perte de liberté en maison de retraite commence à émerger.

La solitude peut parfois se faire plus oppressante que le silence de la maison.

Contrairement à ce que l’on imagine, être entourée de gens ne signifie pas nécessairement se libérer de la solitude. Au début, la famille est présente, les appels se multiplient, et les visites sont fréquentes. Mais avec le temps, la routine reprend son cours et les visites deviennent plus rares, les promesses de revenir se font attendre. La résidence peut être pleine de vie, mais cette attente silencieuse, cette sensation d’être là, mais sans connexion réelle, devient peu à peu un fardeau. Il y a une grande différence entre être entourée et réellement ressentir cette connexion humaine.

Quand les journées perdent leur direction

À la maison, même les tâches les plus simples donnent un rythme à la journée. Mais dans un établissement, tout est organisé pour nous, ce qui laisse souvent un vide derrière. Sans responsabilités personnelles ou projets à accomplir, les journées finissent par se fondre les unes dans les autres. Beaucoup de résidents en viennent à se sentir inutiles, comme suspendus dans le temps. Trouver un but devient alors un véritable défi, pourtant indispensable pour maintenir l’espoir et le désir de continuer.

Le corps vieillit plus rapidement sans stimulation

Cela peut sembler contradictoire, mais vivre dans un environnement conçu pour le confort peut parfois accélérer la perte de mobilité. Moins de mouvements, moins d’efforts, moins de prises d’initiative. À force de chercher à être constamment pris en charge, on finit par moins agir. Et le corps, lui, s’adapte vite… mais dans une direction qui n’est pas favorable. Il est essentiel de rester actif : marcher, se lever seul, même de façon modeste, constitue une forme de liberté qu’il faut préserver au quotidien pour bien vieillir en établissement.

L’intimité devient rare, presque sacrée

Partager son espace, demander de l’aide pour des gestes très personnels, et voir le personnel entrer sans toujours prévenir… même si tout est fait avec bienveillance, cela érode peu à peu ce qui restait d’intimité. On n’a plus vraiment de “chez soi”, ni de moment personnel où l’on peut simplement se retirer et respirer. Au fil du temps, il devient facile de se sentir moins une personne qu’un dossier bien suivi, comme si l’on perdait peu à peu sa singularité dans la grande mécanique de l’établissement.

Partir : une décision bien plus complexe qu’on ne le pense

On se dit souvent qu’il sera facile de revenir en arrière si nécessaire. Pourtant, quitter une maison de retraite demande beaucoup plus d’efforts et de préparation que d’y entrer. Le logement d’origine n’existe parfois plus, les habitudes de vie ont évolué, tout comme la confiance en soi. Après s’être habitué à un environnement structuré, reprendre les rênes de sa vie peut devenir une source de stress. Il est donc essentiel de bien réfléchir avant de prendre une telle décision, en prenant le temps de peser les pour et les contre.

Choisir d’entrer en maison de retraite n’est pas une erreur en soi, mais ce n’est jamais une décision anodine. Vieillir sereinement ne signifie pas perdre son pouvoir de décision, mais plutôt préserver autant que possible sa liberté et son identité. Avant de franchir ce pas, il est crucial de se poser la question : non pas ce qui est le plus facile, mais ce qui permettra de continuer à être maître de sa vie, maintenant et dans le futur.

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