
Le conflit en Iran commence déjà à faire sentir ses effets sur les marchés mondiaux et les automobilistes québécois pourraient bientôt en subir les contrecoups à la pompe.
Selon des analystes cités par le chroniqueur économique Pierre-Olivier Zappa, le prix du pétrole pourrait augmenter de 5 à 15 % à la suite des récentes frappes au Moyen-Orient. Le baril de Brent, qui sert de référence mondiale, était déjà en hausse de 20 % depuis le début de l’année et atteignait 73 $ vendredi soir.
Jusqu’à 30 cents de plus par litre
Si le baril devait grimper vers les 100 $, comme certains experts le jugent plausible, cela pourrait se traduire par une hausse de 20 à 30 cents par litre au Québec.
Concrètement, pour un plein de 60 litres, cela représenterait jusqu’à 18 $ de plus.
Le détroit d’Ormuz au cœur des inquiétudes
Même si l’Iran ne représente qu’une part limitée de la production mondiale, le véritable enjeu se situe ailleurs : le détroit d’Ormuz, un passage stratégique par lequel transite près d’un baril de pétrole sur cinq dans le monde.
Des missiles auraient touché des pétroliers dans la région, perturbant le transport maritime. Plusieurs géants du transport, dont MSC, Maersk et CMA CGM, ont suspendu leurs opérations dans le Golfe Persique, accentuant la nervosité des marchés.
Une hausse rapide possible
Carol Montreuil, vice-président de l’Association canadienne des carburants, rappelle que le lien entre le prix du pétrole brut et celui à la pompe est direct.
Les compagnies fonctionnent selon le principe du « last in, first out » : le dernier baril acheté est le premier vendu. Résultat : les variations de prix peuvent se répercuter très rapidement, autant à la hausse qu’à la baisse.
Même si le Canada et les États-Unis produisent du pétrole, les marchés demeurent interconnectés. Ce n’est donc pas seulement la quantité disponible qui influence les prix, mais aussi la rapidité d’approvisionnement et la stabilité géopolitique.
Pour l’instant, les experts préviennent que la hausse observée pourrait ne pas être la dernière. Les automobilistes québécois auront donc intérêt à surveiller de près l’évolution de la situation au cours des prochains jours.


