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Le Québec en deuil : cette figure légendaire de notre culture s’est éteinte.
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Le Québec en deuil : cette figure légendaire de notre culture s’est éteinte.

Capture decran 2026 05 01 064834 Le Québec en deuil : cette figure légendaire de notre culture s'est éteinte.

Le monde des lettres québécoises perd l’une de ses bâtisseuses les plus emblématiques

Une ombre plane sur la culture d’ici depuis la confirmation d’une bien triste nouvelle. C’est avec beaucoup d’émotion que les Éditions du Boréal ont annoncé, ce jeudi 30 avril, le départ d’une figure incontournable de notre imaginaire collectif. Âgée de 87 ans, celle qui maniait la prose et la poésie avec une lucidité désarmante a rendu son dernier souffle la nuit dernière, laissant orpheline une vaste communauté de lecteurs et de créateurs.

Une ascension fulgurante depuis la vallée de la Matapédia

Née en 1938 dans la pittoresque municipalité d’Amqui, cette créatrice hors norme n’a jamais cessé de repousser les limites de son art. Avant même de publier son tout premier recueil de nouvelles en 1969, elle avait déjà forgé son esprit analytique en décrochant un doctorat en littérature à l’Université d’Aix-en-Provence.

Son parcours ne s’est pas limité à la création littéraire pure. Pendant près de trois décennies, elle a agi comme un véritable phare pour la jeunesse. Elle a transmis sa passion du verbe à des milliers d’étudiants assoiffés de savoir, d’abord à l’UQAM dès la fin des années 60, puis dans diverses autres institutions universitaires de la province jusqu’au milieu des années 90. Véritable mentore, elle a littéralement façonné des générations d’écrivains qui s’inspirent encore aujourd’hui de ses enseignements rigoureux.

L’héritage d’une femme engagée, lucide et profondément rebelle

C’est au cœur de son engagement que le véritable impact de sa carrière frappe l’imaginaire. Madeleine Gagnon – car c’est de cette immense icône qu’il s’agit – a bâti un corpus d’une quarantaine de livres qui a largement franchi nos frontières. Traduite en anglais, en italien et en espagnol, sa voix a rayonné à l’international. Avec des textes fondateurs et audacieux comme Retailles ou l’incontournable essai La Venue à l’écriture, elle a su lier avec brio la poésie aux luttes féministes et à l’indépendantisme québécois. Comme le soulignait si justement le poète Paul Chanel Malenfant, elle possédait ce don rare de nous présenter le monde autrement, naviguant brillamment entre l’émerveillement et la lucidité la plus totale.

 

Couronnée par la plus haute distinction d’ici, le prix Athanase-David en 2002, et gagnante du Prix du Gouverneur général en 1991, cette membre de l’Académie des lettres du Québec a tout raflé. Devenue officière de l’Ordre national du Québec et membre de l’Ordre du Canada, elle s’était livrée avec une touchante vulnérabilité dans son récit autobiographique Depuis toujours en 2013.

Bien que cette immense artiste ait tourné la page de sa propre vie, ses écrits continueront d’éclairer nos réflexions pour les décennies à venir. C’est un héritage lumineux et inspirant qui survivra toujours à l’épreuve du temps.

Source :
  • https://www.derniereheureqc.com/divertissement/vedette/disparition-d-une-artiste-qui-a-marque-le-quebec
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