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Une icône de Radio-Canada se retire après 47 ans de carrière
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Une icône de Radio-Canada se retire après 47 ans de carrière

Sophie Demers
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Yves Desautels a commencé à couvrir la circulation en hiver 1998, lors de la crise du verglas, succédant à Roger Laroche qui partait à la retraite après deux décennies. Avant cette période, M. Desautels avait été reporter dans l’Ouest canadien de 1977 à 1985, puis à Montréal de 1985 à 1998.

Il fut également le premier journaliste de Radio-Canada sur le site de la tragique tuerie de Polytechnique le 6 décembre 1989. « C’était un peu par hasard. C’était en fin de journée, il n’y avait plus de reporter disponible au bureau, et l’affectateur m’a appelé à la maison, sachant que je résidais près de l’École Polytechnique à Outremont », se remémore-t-il. C’est comme ça que j’ai abouti sur le site, sans trop savoir ce qui se passait. Là, j’ai vu que c’était un drame plus important que je pensais. J’ai passé quasiment toute la nuit là, ça empirait d’heure en heure.

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Dans son rôle renouvelé à Radio-Canada, Yves Desautels s’est imposé comme la voix incontournable de 5 h 35 à 17 h 58 sur ICI Première, où il fournissait régulièrement des mises à jour sur l’état de la circulation dans le Grand Montréal. Ce poste exigeant requiert une grande patience, mais l’homme de radio confie avoir passionnément aimé son travail. Au cours d’une journée ordinaire, Yves Desautels se lève à 4 heures du matin pour se rendre au studio et commencer sa journée à 5 h 30 avec ses collègues de l’émission matinale, “Tout un matin”, ces dernières années. « J’aime être présent lors du tour de table. C’est le seul moment où je vois tout le monde, et l’ambiance y est plus détendue », explique-t-il. Après l’émission, il prend la route dans son véhicule pour parcourir le Grand Montréal, à l’affût des points de congestion ou des accidents, des situations que tous les automobilistes cherchent à éviter. « C’est un peu comme être un chasseur de tornades », compare-t-il. Toutefois, il s’efforce de toujours rouler à contresens des embouteillages.

Yves Desautels reçoit aussi des appels des auditeurs en direct dans son véhicule, qui se sont révélés être de précieux collaborateurs au fil des années. « Certains appellent presque tous les matins ou le soir, parce que cela fait partie de leur routine, tandis que d’autres ne téléphonent que s’ils sont témoins d’un incident spécifique », dit-il. « Heureusement qu’ils sont là, cela ajoute de la vie à mes reportages. »

Au cours de ses 26 années à couvrir la circulation sur les routes, Yves Desautels a observé de près les changements dans la circulation à Montréal. Selon lui, les dernières années ont été particulièrement difficiles. « La situation s’est considérablement dégradée, c’est pire que jamais », affirme-t-il sans détour.

Après 47 ans de service chez Radio-Canada, dont 26 ans consacrés à la chronique de la circulation, Yves Desautels a annoncé ce lundi qu’il prendrait sa retraite le 30 mai. « Il ne me reste que trois semaines avec vous, vous allez me manquer », a-t-il déclaré, ému, lors de l’émission “Tout un matin” animée par Patrick Masbourian sur ICI Première.

Avec le départ prochain d’Yves Desautels, le rôle de chroniqueur de la circulation pourrait être en déclin au Québec. Il mentionne qu’il était l’un des derniers à exercer cette fonction, aux côtés de Denis Niquette, qui s’est retiré de Rythme FM en 2017.

« Les stations privées ont éliminé les patrouilles, mais elles obtiennent tout de même les informations via les caméras de Transports Québec et les auditeurs », explique-t-il. Il reste à voir si Radio-Canada décidera de supprimer le poste de M. Desautels, mais les auditeurs pourront encore profiter de sa voix rassurante jusqu’au 30 mai.

Après cette date, Yves Desautels rangera son micro pour jouir pleinement de la vie, passer du temps avec ses petits-enfants, jouer au tennis et surtout, se reposer. « Je pense que je vais essayer de me rattraper sur le sommeil », conclut-il.

Source: Radio Canada

 

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