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Gisèle Pelicot brise le silence et reprend enfin le contrôle de son histoire
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Gisèle Pelicot brise le silence et reprend enfin le contrôle de son histoire

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Gisèle Pelicot, devenue malgré elle l’un des visages les plus marquants de la lutte contre les violences sexuelles en France, reprend aujourd’hui la parole. Et cette fois, elle le fait à ses conditions.

Avec la parution mondiale de son livre Et la joie de vivre, écrit en collaboration avec la journaliste Judith Perrignon, Gisèle Pelicot décide de raconter sa propre histoire, loin des récits fragmentés et parfois sensationnalistes qui ont entouré son procès.

Invitée à commenter cette sortie, l’autrice et réalisatrice Léa Clairmont-Dion souligne l’importance symbolique de cette démarche :
« Elle reprend son pouvoir parce que sa parole a été confisquée. »

Gisèle Pelicot est cette femme qui a été violée plus de 200 fois pendant près de 10 ans, droguée à son insu par son mari, Dominique Pelicot, qui organisait ces agressions avec plus de 50 hommes. L’horreur des crimes a bouleversé la France, mais un autre geste a profondément marqué les esprits : sa décision de lever l’interdit de publication, rendant publics son nom et ceux de ses agresseurs.

En décembre 2024, après le verdict de culpabilité, Gisèle Pelicot s’était exprimée publiquement pour remercier sa famille, ses avocats et les soutiens reçus partout dans le monde. Une prise de parole rare, digne, marquante.

Mais jusqu’ici, son récit restait surtout raconté par d’autres.

Dans Et la joie de vivre, Gisèle Pelicot va bien au-delà du procès. Elle raconte sa vie, son enfance heureuse mais marquée par la perte précoce de sa mère, sa rencontre avec Dominique Pelicot, le coup de foudre, l’amour sincère qu’elle lui portait.

Le livre met en lumière une réalité dérangeante mais essentielle :
la violence ne surgit pas toujours sous les traits d’un monstre évident.

« Ce n’était pas un homme caricaturalement violent. C’était un monsieur ordinaire, sympathique, en vacances, en chemise fleurie », explique Léa Clairmont-Dion.
Un mythe s’effondre : celui de l’agresseur toujours reconnaissable.

Au fil du procès, Gisèle Pelicot a aussi raconté s’être sentie déshumanisée, parfois traitée avec mépris par certains avocats de la défense.
« Je me suis sentie comme si c’était moi l’accusée », dira-t-elle.

Dans les médias, elle confie s’être parfois sentie instrumentalisée, exposée, observée « comme un animal de cirque ». Le livre devient alors un geste de reconquête :
reprendre la narration, reprendre sa voix, reprendre son humanité.

Lever l’interdit de publication n’était pas son intention première. Il lui aura fallu quatre ans pour accepter pleinement ce qu’elle avait vécu, puis décider de transformer sa douleur en message d’espoir pour d’autres survivantes.

Malgré les fractures familiales, notamment avec sa fille Caroline — elle-même victime d’inceste —, Gisèle Pelicot a choisi de rester digne, de rester debout, et de montrer qu’une vie est possible après l’indicible.

Écrire ce livre, c’est pour elle un acte de guérison, mais aussi un acte politique et social.
Un travail de sensibilisation majeur, au point où son nom a été évoqué pour le prix Nobel de la paix.

« Moi, je suis là, j’existe, et c’est mon pouvoir », affirme Gisèle Pelicot à travers son récit.

Le livre Et la joie de vivre sera disponible au Québec dès le 17 février 2026.
Un témoignage bouleversant, nécessaire, et profondément humain.

Un récit qui rappelle que survivre, parler et écrire peuvent devenir des gestes de résistance.

 

 

 

Source : salutbonjour

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