
Disparition
d’une figure monumentale du cinéma québécois
Le milieu culturel et le Québec tout entier pleurent la perte
de l’une de leurs plus grandes pionnières. La cinéaste Anne Claire
Poirier, qui a consacré près de 40 ans de sa vie à l’Office
national du film (ONF), est décédée dans son sommeil dans la nuit
de dimanche à lundi à sa résidence d’Outremont, à l’âge de 94
ans.
Son fils, Frédéric Cornu, a souligné la force de caractère et
la détermination de sa mère, qui a ouvert de grandes portes aux
femmes dans l’industrie cinématographique. Suzanne Guèvremont,
présidente de l’ONF, a quant à elle salué une « véritable pionnière
» qui a su asseoir définitivement la place des créatrices dans
l’institution.
Une trajectoire de lutte et de création
Née à Saint-Hyacinthe en 1932, Anne Claire Poirier entre à
l’ONF en 1960 après une grève des réalisateurs qui l’oriente vers
la pellicule. Rapidement, elle s’impose dans un milieu entièrement
masculin, devenant la première femme francophone à y occuper les
rôles de réalisatrice et de productrice.

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Le tournant féministe : En 1968, elle signe son premier long métrage, De mère en fille, inspiré de sa propre expérience de la maternité et considéré comme l’acte fondateur du cinéma féministe au Québec.
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Le programme En tant que femmes : Dans les années 1970, elle coordonne cette série majeure de films réalisés par des femmes, incluant ses propres œuvres Les filles du Roy (1974) et Le temps de l’avant (1975) sur l’avortement.
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Le chef-d’œuvre Mourir à tue-tête (1979) : Ce film bouleversant sur le viol et la violence faite aux femmes, présenté au Festival de Cannes, marque durablement les spectateurs et s’inscrit comme l’un des sommets du cinéma engagé.
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Une œuvre intime : En 1997, elle livre le documentaire très personnel Tu as crié Let Me Go!, une réflexion poignante sur la toxicomanie réalisée à la suite du décès tragique de sa fille, éponyme de son combat contre l’oubli et le silence.
Des hommages à la hauteur d’un héritage d’exception
Reconnue et honorée à maintes reprises au cours de sa vie —
notamment en acceptant l’Oscar d’honneur remis collectivement à
l’ONF en 1989, en plus d’être officière de l’Ordre national du
Québec et de l’Ordre du Canada —, Anne Claire Poirier laisse
l’image d’une femme libre, affranchie des conventions et dotée d’un
feu sacré intarissable.
« Ma mère était une fonceuse, une grande femme qui est sortie des tranchées et qui a donné aux femmes leur place au cinéma. »— Frédéric Cornu, en hommage à sa mère
Le sondage interactif
« Quel pan de l’œuvre ou quel engagement d’Anne Claire Poirier
a le plus marqué l’histoire du cinéma québécois selon vous ?
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🎬 Mourir à tue-tête : Un film percutant, nécessaire et inoubliable.
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✊ Son rôle de pionnière : Avoir ouvert la porte aux femmes à l’ONF et fondé le cinéma féministe.
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🕊️ Son courage intime : Avoir brisé les tabous, notamment avec Tu as crié Let Me Go!
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Source :
- https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1888742/bio-anne-claire-poirier-mort-cinema


