L’OQLF vise un resto de Montréal pour ses publications

Une lettre reçue par la poste a pris tout le monde par surprise dans Villeray.
Un commerce bien connu du quartier s’est retrouvé dans la mire de l’OQLF, et la situation fait énormément réagir en ligne.
Depuis plus de 40 ans, Lahmajoune Villeray sert sa célèbre pizza arménienne aux Montréalais. L’entreprise familiale est solidement enracinée dans sa communauté.
Mais récemment, une plainte a été déposée concernant le contenu publié sur ses réseaux sociaux, notamment sur TikTok.
Finalement, l’Office québécois de la langue française estime que certaines publications du restaurant seraient trop en anglais et ne rendraient pas suffisamment le français accessible au public, en vertu de la Charte de la langue française encadrant les publications commerciales.
Le 25 février, l’établissement a reçu un avis officiel signalant qu’une plainte avait été formulée.
Abasourdi, Charbel Hannan, fils des propriétaires, a partagé la lettre sur Instagram. La publication a rapidement cumulé près de 2 000 mentions « j’aime » et plus de 500 commentaires.
Dans la description, on peut lire :
« Nous tenons à préciser que notre entreprise […] est profondément enracinée dans la communauté montréalaise et québécoise, et que le français fait naturellement partie intégrante de notre identité, de notre service à la clientèle et de nos communications »
Il ajoute ne soutenir
« aucunement ce genre de lettre remplie de conneries »
En entrevue, Charbel Hannan affirme que l’intention de l’entreprise « n’a jamais été de nuire à la langue française et de la rendre moins accessible ou moins favorable » face à l’anglais.
Il soutient que la boulangerie tente de publier ses contenus en français et en anglais, autant sur Instagram que sur TikTok.
« On fait le plus qu’on peut pour que les sous-titres et les « captions » soient visibles en français et en anglais. On n’est pas des experts, mais on essaie d’être le meilleur qu’on peut chaque jour »
Il précise également que, sur place, le service se fait d’abord en français :
« Quand vous rentrez chez nous, on va vous parler en français. Et si vous désirez qu’on vous parle en anglais, on peut s’ajuster »
Malgré la controverse, la famille ne compte pas modifier sa façon de faire.
« On va rester fidèles à nous-mêmes. Ça fait 40 ans qu’on fait ça. On va continuer à faire notre travail comme il le faut. »
Voir cette publication sur Instagram
Une publication partagée par Lahmajoune Villeray (@lahmajoune_villeray)
En ligne, une vague de soutien s’est manifestée, autant chez des francophones que des anglophones.
« De tout cœur avec vous », écrit un internaute.
« C’est du gros n’importe quoi », lance un autre.
« Pas cool comme plainte, car on peut se faire servir en français dans votre commerce sans problème et avec courtoisie », souligne une autre personne.
Voir cette publication sur Instagram
Une publication partagée par Lahmajoune Villeray (@lahmajoune_villeray)
L’affaire relance le débat sur la place du français dans les communications commerciales au Québec.
Et pour Lahmajoune Villeray, une chose est claire : l’entreprise compte continuer à servir ses clients… dans les deux langues.



