
Imaginez un Québec sans les envolées de Jean-Lou Duval ou les déboires de Stan sur la glace. Louis Saia, l’architecte derrière nos plus grands rires, n’était pas qu’un simple réalisateur : il était le miroir de notre identité collective.
Né Luigi Saia en 1950, ce fils d’immigrant italien a puisé son génie dans le quotidien le plus banal, s’inspirant même des visites hebdomadaires au Canadian Tire avec son père pour nourrir ses récits sur la banlieue.
C’est au Collège Lionel-Groulx que son destin bascule lors de sa rencontre avec Claude Meunier. Ensemble, ils ont accouché de monstres sacrés du théâtre : Broue, Les Voisins et Appelez-moi Stéphane. Saia possédait ce don unique pour structurer des histoires où chaque personnage semblait être notre oncle ou notre voisin de palier.
À la télévision, il a marqué toute une génération avec Radio Enfer et célébré l’indépendance féminine avec Histoires de filles, prouvant que l’humour pouvait être à la fois absurde et profondément humain.
Puis vint 1997. Dans un élan de pur génie populaire, il réalise Les Boys. Ce film n’est pas seulement devenu un classique; il a accompli l’exploit mondial de détrôner le Titanic de James Cameron au box-office québécois. C’est à ce moment précis que Saia est entré définitivement dans la légende, transformant une équipe de hockey de garage en héros nationaux.
Pourtant, ce matin, le rire s’est brusquement tu. Dans la nuit de mardi à mercredi, à l’âge de 75 ans, celui qui nous a tant fait célébrer notre « québécitude » a rendu son dernier souffle à Montréal.
La nouvelle, confirmée par son agence et Radio Canada a provoqué une onde
de choc immense. Il laisse derrière lui une œuvre monumentale qui
continuera de résonner dans chaque salon et chaque aréna de la
province.
Le créateur s’en va, mais l’âme des Boys restera éternelle.
Merci pour tout, Louis.
- https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2242825/auteur-realisateur-louis-saia-mort



