Nom, photo, coordonnées : cette méthode choc contre les mauvais payeurs de pension alimentaire fait polémique

La pension alimentaire est censée garantir l’équilibre financier et le bien-être des enfants après une séparation. Pourtant, dans la réalité, elle demeure l’une des principales sources de conflits entre ex-conjoints, surtout lorsque les paiements tardent ou cessent complètement.
Dans certains pays, une approche pour le moins radicale a été adoptée pour lutter contre les mauvais payeurs. Un site internet a ainsi choisi de faire basculer la honte de camp en exposant publiquement les parents qui ne respectent pas leurs obligations financières.
Ce site n’hésite pas à afficher le nom, la photo et parfois même les coordonnées des parents en retard de paiement ou en situation d’impayés de pension alimentaire. L’objectif est clair : exercer une pression sociale suffisamment forte pour inciter les débiteurs à régulariser rapidement leur situation.
Une méthode choc qui peut sembler excessive, mais qui a déjà fait ses preuves. Selon plusieurs sources, ce type d’initiative aurait permis de résoudre des centaines, voire plus de mille retards de paiement, avant d’être contesté pour atteinte à la vie privée.
En France, près d’un million de personnes perçoivent une pension alimentaire. Celle-ci est fixée par le juge aux affaires familiales au moment de la séparation, en fonction des revenus des parents. Le montant moyen s’élève à environ 170 euros par mois.
Dans près de 9 cas sur 10, la garde principale de l’enfant est confiée à la mère, et ce sont donc majoritairement les pères qui versent la pension alimentaire. Lorsque la séparation se déroule dans un climat tendu, les retards ou refus de paiement deviennent malheureusement plus fréquents.
PENSION ALIMENTAIRE
Depuis le 01/01/23
L #ARIPA (Agence de Recouvrement & Intermédiation des Pensions Alimentaires) s’occupe de récupérer les sommes dues via la CAF ou MSA
La mesure devient systématique sauf opposition des 2 parents ou du juge
➕ d’infoshttps://t.co/sSXPn0YZ9s pic.twitter.com/7Xiq6DkzAA— Gendarmerie du Rhône (@Gendarmerie_069) April 5, 2023
C’est en Corée du Sud que ce site, connu sous le nom de Right of Child (« Le droit de l’enfant »), a refait surface. Il existait auparavant sous une autre appellation et avait déjà suscité de vives réactions après avoir exposé publiquement des parents célèbres en situation d’impayés.
Malgré les critiques, les responsables du site affirment que cette exposition publique pousse de nombreux parents à honorer leurs obligations, mettant ainsi l’intérêt de l’enfant au premier plan.
En France, une solution moins polémique mais plus institutionnelle a été mise en place ces dernières années afin d’éviter les conflits et les situations d’impayés. Il s’agit de l’intermédiation financière des pensions alimentaires, un dispositif qui sécurise les versements.
Ce mécanisme repose sur un intermédiaire officiel : Aripa (Agence de recouvrement et d’intermédiation des pensions alimentaires), gérée par la CAF ou la MSA pour le régime agricole. L’organisme se charge de collecter la pension chaque mois et de la reverser au parent bénéficiaire, tout en assurant le recouvrement en cas de non-paiement.
Depuis le 1er janvier 2023, ce dispositif est devenu automatique dès qu’une pension alimentaire est fixée, sauf opposition conjointe des deux parents ou décision contraire du juge.
Si la méthode du « mur de la honte » divise, elle met en lumière une réalité universelle : lorsque la pension alimentaire n’est pas versée, ce sont avant tout les enfants qui en paient le prix.
Source : mariefrance


