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« On a abandonné des principes. » L’ex-ministre Christian Dubé donne sa première entrevue
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« On a abandonné des principes. » L’ex-ministre Christian Dubé donne sa première entrevue

Capture decran 2026 06 16 170439 « On a abandonné des principes. » L'ex-ministre Christian Dubé donne sa première entrevue

Six mois après avoir quitté le ministère de la Santé, Christian Dubé prend du recul — et ce qu’il dit n’est pas tendre envers son propre gouvernement. Dans un entretien accordé à Radio-Canada, l’ex-ministre dresse un bilan lucide, parfois amer, des négociations qui ont marqué la fin de son mandat. Et il ne mâche pas ses mots : la CAQ a, selon lui, fini par plier sur ses propres principes face aux médecins.

Tout commence avec un mandat difficile. Entre 2023 et 2024, Christian Dubé devait négocier à coût zéro avec les fédérations de médecins — une contrainte imposée d’emblée par le premier ministre François Legault. L’objectif était pourtant clair et ambitieux : assurer la prise en charge de 100 % de la population québécoise par un milieu de soins.

Pour y arriver, il fallait convaincre la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec d’abandonner un principe qu’elle défend bec et ongles : le volontariat. Autrement dit, le droit absolu du médecin de choisir — ou non — de prendre un patient en charge. Dubé y croyait. Il travaillait à convaincre ses interlocuteurs. Mais le gouvernement, lui, a finalement reculé.

Un million et demi de Québécois toujours sans médecin de famille

C’est là que le bât blesse. Au bout du compte, l’entente conclue en décembre 2025 — celle qui a précipité le départ de Dubé — n’a pas permis d’atteindre l’objectif de prise en charge universelle. Environ 1,5 million de Québécois demeurent sans médecin de famille ni professionnel de santé attitré, dont 200 000 personnes atteintes de maladies chroniques.

Le projet de loi 106, qui devait lier une part de la rémunération des médecins à des objectifs de performance, avait été adopté sous bâillon à l’automne 2025, déclenchant des manifestations de centaines de professionnels de la santé. Une bataille politique et syndicale intense, pour un résultat que Dubé lui-même juge insuffisant.

 

 

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Une publication partagée par Patrice Roy (@patriceroyinfo)

Ce témoignage sans détour d’un acteur central de la réforme soulève des questions légitimes sur la capacité du système politique à tenir tête à des lobbys puissants lorsque les intérêts des citoyens ordinaires sont en jeu. Pour les Québécois qui attendent encore un médecin, les mots de l’ex-ministre résonnent comme une confirmation de ce qu’ils ressentaient depuis longtemps.

Le débat sur l’accès aux soins de première ligne est loin d’être clos. Et les révélations de Christian Dubé pourraient bien relancer la conversation à l’approche des élections provinciales de 2026.

Source :
  • https://www.instagram.com/reels/DZqM8IxRdMF/
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