Alors que le Québec se passionne pour le duel amical entre ces deux géants à la voix rauque, il est fascinant de voir comment leurs carrières ont évolué ces dernières années, prenant des chemins artistiques bien distincts.
Garou : Le retour à la création Après avoir séduit les foules avec son projet hommage Garou joue Dassin en 2022, le chanteur de Sherbrooke a opéré un virage marquant en 2025. Pour la première fois depuis plus d’une décennie, il a repris sa plume d’auteur-compositeur pour offrir l’album Un meilleur lendemain, paru en mai 2025. Ce disque marque une volonté de se dévoiler sans artifice. En 2026, Garou poursuit sur cette lancée intimiste avec une tournée solo où, seul au piano ou à la guitare, il revisite ses classiques et ses nouveautés, privilégiant la proximité avec son public plutôt que les grandes productions.

Éric Lapointe : La résilience du rockeur De son côté, Éric Lapointe prouve que le rock n’a pas d’âge. Après une période tumultueuse, il a effectué un retour en force avec l’album Je marche dans ma vie (2023), un opus personnel témoignant de sa résilience. Mais c’est surtout la scène qui reste son exutoire. Depuis 2024 et tout au long de 2025, il a enflammé les salles avec la tournée célébrant les 30 ans de son album culte Obsession. Fidèle à lui-même, il continue de rassembler ses « immortels » dans des spectacles à haute intensité, notamment lors de ses traditionnels partys du temps des fêtes au Centre Vidéotron.

Des trajectoires qui se cristallisent en 2026 Si leurs routes se sont souvent croisées par le passé, notamment sur les plateaux de télévision, l’année 2026 met en lumière leurs différences actuelles. Garou n’hésite plus à surprendre et à déstabiliser, intégrant désormais des touches de poésie et même d’électro dans son spectacle solo présenté à la Place des Arts, confiant récemment n’avoir « jamais passé aussi proche d’être heureux ». À l’opposé, Lapointe demeure le gardien immuable du temple rock, une figure écorchée qui refuse de changer sa formule gagnante, misant sur la puissance brute plutôt que sur l’expérimentation.
Le verdict du public Au final, c’est le public québécois qui sort gagnant de cette dualité complémentaire. D’un côté, les spectateurs redécouvrent un Garou apaisé et audacieux qui ose se mettre en danger artistiquement; de l’autre, ils communient avec la ferveur intacte d’un Lapointe dont les fans continuent de défendre la place sur scène envers et contre tous. Deux manières de vieillir sous les projecteurs, deux héritages immenses, mais une seule et même passion viscérale pour la musique.



