Rappels Multipliés au Canada : Vigilance ou Surenchère Médiatique ?

De la présence de bactéries dans les fromages aux défauts de fabrication de divers produits de consommation, les avis de rappel semblent se multiplier sur nos écrans. Si cette omniprésence témoigne indéniablement d’une surveillance accrue, elle soulève également une question de fond qui divise l’opinion publique : le consommateur canadien est-il mieux protégé aujourd’hui, ou est-il simplement devenu plus anxieux ?
Il ne se passe plus une semaine sans que Santé Canada ou l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) n’émette une alerte. Pour le consommateur moyen, faire l’épicerie peut parfois s’apparenter à un véritable exercice de gestion de risques. Face à ce flux continu d’informations, deux lectures de la situation s’opposent radicalement.
D’un point de vue sanitaire, l’augmentation des rappels est souvent interprétée par les experts comme un signe que le système fonctionne efficacement. Les technologies de détection des contaminants (Listeria, E. coli, Salmonella) sont aujourd’hui infiniment plus précises qu’il y a vingt ans. Santé Canada applique rigoureusement le « principe de précaution ». Qu’il s’agisse d’un risque mortel ou d’une simple erreur administrative d’étiquetage, le protocole de retrait est systématiquement déclenché. Cette sévérité normative est le prix à payer pour garantir l’innocuité des produits, même si elle peut sembler zélée.
Cependant, il ne faut pas négliger l’effet de la caisse de résonance médiatique. À l’ère des notifications instantanées, chaque rappel bénéficie d’une visibilité immédiate, parfois disproportionnée par rapport au risque réel. Cette amplification peut créer un climat anxiogène et mener à une « fatigue du rappel » : à force d’être bombardé d’alertes pour des détails parfois mineurs, le public risque de se désensibiliser et de banaliser les véritables urgences sanitaires, pensant que les médias cherchent avant tout le clic.
- La question se pose donc : sommes-nous devenus trop prudents ou trop alarmistes ?
La question se pose donc : sommes-nous devenus une société trop prudente ou victime d’un système alarmiste ? Nous sommes curieux de connaître votre position sur ce débat qui touche notre quotidien.
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