Tribune Tendance
En cours de lecture
Taux en hausse : 2026 pourrait faire très mal aux propriétaires québécois
Tribune Tendance
Tribune Tendance

Taux en hausse : 2026 pourrait faire très mal aux propriétaires québécois

Avatar photo
Capture decran 2026 01 07 190703 Taux en hausse : 2026 pourrait faire très mal aux propriétaires québécois

Les propriétaires québécois font face à une réalité de plus en plus inquiétante alors que les renouvellements hypothécaires, la hausse des taux d’intérêt et le coût de la vie convergent vers une année 2026 qui s’annonce particulièrement coûteuse.

Le choc est bien réel pour des milliers de ménages dont le terme hypothécaire arrive à échéance après avoir été signé durant la pandémie, à une époque où les taux d’intérêt frôlaient des planchers historiques. Aujourd’hui, le retour à des taux dépassant les 4 % transforme chaque renouvellement en véritable casse-tête financier.

Selon la Banque du Canada, près de 60 % des prêts hypothécaires au pays devront être renouvelés d’ici 2026. Déjà, une majorité de ces renouvellements se traduisent par des hausses de paiements significatives. Dans certains cas, les versements mensuels augmentent de plus de 400 $, un montant difficile à absorber pour bien des familles.

À Québec, le courtier hypothécaire Stéphane Bruyère observe cette réalité quotidiennement. Des clients qui bénéficiaient de taux autour de 1,79 % doivent désormais composer avec des taux avoisinant les 4,29 %, tout en ayant encore plusieurs centaines de milliers de dollars à rembourser. Résultat : des paiements mensuels qui explosent.

Capture decran 2026 01 07 190703 Taux en hausse : 2026 pourrait faire très mal aux propriétaires québécois

Pour Roy Nakhal, courtier chez Multi-Prêts Hypothèques, le pire reste à venir, notamment au printemps. Les demandes se multiplient de la part de propriétaires espérant obtenir un meilleur taux, mais la marge de manœuvre demeure limitée, peu importe l’institution financière.

Toujours selon la Banque du Canada, les paiements des prêts à taux fixe pourraient augmenter de 15 % à 20 % en moyenne par rapport à décembre 2024. Les détenteurs de prêts à taux variable pourraient bénéficier d’un léger répit, mais ils demeurent minoritaires, surtout au Québec, où plus de 85 % des hypothèques sont à taux fixe sur cinq ans.

Ce choix, perçu comme sécuritaire il y a quelques années, amplifie aujourd’hui l’effet du choc. Passer d’un taux sous les 2 % à un taux dépassant les 4 % représente un saut brutal pour de nombreux budgets familiaux.

Pour faire face à la hausse, plusieurs propriétaires se tournent vers le refinancement. Dettes de cartes de crédit, marges personnelles, prêts automobiles ou rénovations sont souvent intégrés à l’hypothèque, laquelle est prolongée à 25 ou même 30 ans afin de réduire les paiements mensuels.

La situation devient encore plus complexe lors de séparations. De plus en plus de couples n’ont pas la capacité financière de racheter la part de l’autre, ce qui force parfois deux ex-conjoints à continuer de cohabiter sous le même toit.

Malgré ce contexte difficile, certains éléments jouent en faveur des propriétaires. Plusieurs ménages ont profité des années de taux bas pour rembourser du capital, et la valeur des propriétés a fortement augmenté, offrant ainsi un certain coussin financier.

Les experts sont toutefois clairs : peu de propriétaires vendront leur maison uniquement en raison d’une hausse de quelques centaines de dollars par mois. Mais une chose est sûre, l’année 2026 exigera des ajustements importants, une discipline budgétaire accrue et, surtout, beaucoup de sang-froid.

Défiler vers le haut