
Il y a des dossiers que le Québec n’oublie pas. L’affaire Carpentier en fait partie. En juillet 2020, Norah, 11 ans, et Romy, 6 ans, disparaissaient avec leur père Martin Carpentier à Saint-Apollinaire, en Chaudière-Appalaches. On les retrouvera mortes quelques jours plus tard. Leur mère, Amélie Lemieux, n’a jamais cessé de se battre depuis.
Ce combat vient de franchir une étape importante. Une entente est intervenue entre Mme Lemieux et la Sûreté du Québec, au terme de trois années de démarches juridiques visant à obtenir une indemnité pour le cafouillage qui a marqué les recherches. Le montant versé demeurera confidentiel, mais Amélie Lemieux a confirmé à Noovo Info qu’elle en était satisfaite.
C’est une conclusion sobre, presque silencieuse, pour un dossier qui avait secoué toute une province. Mais derrière cette entente discrète se cache une reconnaissance lourde de sens : la SQ a accepté de rendre des comptes pour des manquements que le coroner Luc Malouin avait pourtant documentés avec soin dans un rapport de 85 pages.
«Trop peu, trop tard» : les quatre mots qui résument des heures perdues à jamais
Tel que le rapporte Noovo Info, ce rapport du coroner avait mis en lumière des défaillances majeures dans la gestion des recherches. L’alerte AMBER n’a été déclenchée que le lendemain de la disparition, soit l’après-midi du 9 juillet — plus de 12 heures après les événements. Le coroner a conclu que cette alerte n’a finalement apporté aucun élément concret à l’enquête, générant au contraire une surcharge de travail inutile pour les effectifs.
La mère de Norah et Romy Carpentier s’entend avec la SQ.https://t.co/5ItNrN3E9I
— Noovo Info (@NoovoInfo) June 23, 2026
Le manque de coordination, le profil psychologique du père mal pris en compte, un jeune enquêteur insuffisamment encadré, des ressources déployées trop tardivement sur le terrain : autant de lacunes résumées en quatre mots dévastateurs dans le rapport — «trop peu, trop tard».
À l’époque des audiences, Amélie Lemieux avait confié ne plus avoir aucune confiance en la police. Aujourd’hui, cette entente ne ramènera pas ses filles. Mais elle marque, au moins, la reconnaissance d’une institution qui a failli — et d’une mère qui a refusé que cela reste sans suite. Pour Norah et Romy, elle aura tenu bon jusqu’au bout.
- https://www.noovo.info/nouvelles/justice/article/la-mere-des-fillettes-carpentier-sentend-avec-la-sq/


